Règne de l'ère du rêve Jet-Age : comment les concepts Firebird de GM ont propulsé la conception automobile vers le futur
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Règne de l'ère du rêve Jet-Age : comment les concepts Firebird de GM ont propulsé la conception automobile vers le futur

Dans l'optimisme triomphant des années 1950, General Motors ne bricolait pas avec des groupes motopropulseurs hybrides ou des pistons électriques—il poursuivait des rêves de l'ère du jet. La série Firebird propulsée par turbine de GM—du XP‑21 en 1954 au XP‑790 en 1964—était une série d'expériences audacieuses qui ressemblaient et sonnaient comme des avions de chasse sur roues.


Mais ces voitures conceptuelles n'ont jamais atteint les allées de garage. Les Firebirds ont toutefois laissé un héritage durable : de nouvelles technologies incluant des systèmes régénératifs, des freins à disque, le régulateur de vitesse et les premières technologies d'assistance au conducteur. En explorant ces véhicules remarquables, nous découvrirons une époque où les rêves de l'ère du jet surpassaient le pragmatisme—et semaient les graines du futur du design automobile.

Firebird I (XP‑21) : 1953/1954

Le premier voyage de GM dans le monde des turbines a commencé avec le XP‑21 Firebird I, présenté au Motorama de 1954. Sous la vision de Harley Earl, il arborait un cockpit en bulle, des ailes delta et des lignes de fuselage élégantes inspirées du chasseur Douglas Skyray. Ce monoplace fut la première voiture aux États-Unis à être équipée d'un moteur turbine. Il était propulsé par une turbine à gaz Whirlfire Turbo Power développant environ 370 chevaux. Il pesait environ 2 500 livres et avait un empattement de 100 pouces. Il possédait des volets d'ailes comme ceux des avions et des freins à tambour externes pour une meilleure aérodynamique. Lors des tests, il atteignait 100 mph avant que l'adhérence des pneus ne limite l'accélération.

 


Firebird II (XP-43) : 1956

Le Firebird II marqua un tournant vers la praticité. C'était un « laboratoire sur roues » bas, large, à quatre places, dévoilé au Motorama. Il arborait une carrosserie entièrement en titane (non peinte avec une finition satinée), deux prises d'air avant, une dérive verticale et une verrière en bulle. Sous le capot se trouvait la turbine Whirlfire GT-304 qui tournait jusqu'à 35 000 tr/min pour générer 200 chevaux. Un système régénératif refroidissait les gaz d'échappement de près de 1 000 °F et alimentait les accessoires. Premier véhicule GM équipé de freins à disque aux quatre roues, suspension indépendante avec nivellement de charge, clé d'allumage magnétique, sélection électrique des vitesses et climatisation à double zone, il incluait même un proto « système de guidage » imaginant des autoroutes guidées électriquement.

 


Firebird III (XP‑73) : 1959

En 1959, le XP-73 Firebird III poussa plus loin l'expérience turbine dans un spectaculaire deux places. La carrosserie en fibre de verre comportait sept petites ailes et dérives, conçues et testées en soufflerie pour une aérodynamique radicale. La voiture fonctionnait avec une turbine Whirlfire GT-305 de 225 chevaux, complétée par un moteur à essence bicylindre de 10 chevaux pour la direction, les freins, la suspension air/huile et la climatisation. Elle introduisit aussi le régulateur de vitesse, les freins aérodynamiques de style aéronautique, la direction par joystick « mains libres », l'entrée sans clé ultrasonique et un système automatisé « Autoguide » visant à éviter les collisions.

 


Firebird IV / Buick Century Cruiser (XP‑790) : 1964

Le Firebird IV fit ses débuts à la Foire mondiale de New York en 1964 dans l'exposition « Futurama » de GM. Bien que de style turbine et futuriste, il était non fonctionnel—simple preuve de concept. Il envisageait un futur d'autoroutes automatisées et guidées capables de supporter des vitesses deux fois supérieures à celles des voies rapides classiques. Rebaptisé plus tard Buick Century Cruiser pour les salons automobiles de 1969, le concept fut apparemment abandonné dans les années 1980.

 


Pourquoi le rêve de la voiture à réaction a pris fin

Le parcours de GM avec les turbines a duré trente ans et a inclus des bus (Turbocruisers), des camions (Bison, Turbo Titan) et même des prototypes de turbines alimentées au charbon au début des années 1980. Les principaux inconvénients ont scellé le sort des véhicules routiers à turbine :


  • Mauvaises émissions et chaleur élevée : les gaz d'échappement des turbines pouvaient dépasser 1 000 °F et produire plus de pollution.

  • Mauvaise économie de carburant à basse vitesse : les turbines sont efficaces uniquement à haut régime.

  • Matériaux exotiques coûteux : la construction de turbines impliquant des alliages avancés et des systèmes de régénération était onéreuse.

Héritage : Cool, futuriste, mais peu pratique

Bien que les voitures à turbine n'aient jamais été produites, les Firebirds de GM représentent l'une des aventures les plus audacieuses de l'ère du jet, combinant un design spatial avec une technologie de pointe. Aujourd'hui, ces voitures sont des pièces de musée qui fascinent les visiteurs par leurs designs ambitieux et leur statut d'exemples précoces de technologies automobiles ultérieures telles que le régulateur de vitesse, la suspension indépendante, les systèmes régénératifs, les freins à disque et même les concepts de voitures autonomes.