L'Alfa Romeo BAT 7 est une voiture concept unique de 1954, réalisée dans le cadre de la série B.A.T. par Alfa Romeo et Bertone. elle possédait des ailerons arrière impressionnants, des courbes élégantes et une forme en goutte d'eau, atteignant un coefficient de traînée exceptionnellement bas pour son époque. Bien qu’un seul exemplaire de la BAT 7 ait été créé, son histoire de design remarquable, ses rebondissements liés à la propriété et sa restauration finale montrent à quel point elle est importante dans l’histoire automobile et comment elle a influencé la conception des voitures conceptuelles. Plongeons-y !
Origines : La naissance de la série BAT
Au début des années 50, Alfa Romeo s’est associé au carrossier italien Bertone pour explorer jusqu’où le design automobile pouvait aller en matière d’aérodynamisme tout en restant pratique. Ainsi, trois coupés conceptuels ont vu le jour : l’Alfa Romeo BAT 5 de 1953, la BAT 7 de 1954 et la BAT 9 de 1955. Tous étaient basés sur la mécanique de l’Alfa Romeo 1900.

Le travail de design était dirigé par le designer Franco Scaglione, dont l’expérience en conception aéronautique a influencé les formes inhabituelles des voitures. Le programme BAT, acronyme de Berlinetta Aerodinamica Tecnica, était essentiellement un laboratoire roulant pour tester comment une carrosserie optimisée pour le flux d’air pouvait améliorer les performances, en utilisant des moteurs et châssis standards.
Ce qui distinguait la BAT 7 : design, performances et ingénierie
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Design aérodynamique radical : Lors de sa présentation au Salon de Turin 1954, la BAT 7 affichait un nez nettement abaissé par rapport à la BAT 5, des phares dissimulés et une paire distinctive de grands ailerons arrière incurvés vers l’intérieur. Une arête dorsale courait le long du toit jusqu’à l’arrière, chaque courbe et contour étant conçus pour guider le flux d’air.
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Efficacité aérodynamique : Grâce à ces caractéristiques, à une forme soignée autour des roues, des éléments couverts et un habitacle profilé, la voiture atteignait un coefficient de traînée (Cd) exceptionnellement bas de seulement 0,19. Ce chiffre reste remarquable même selon les standards modernes.
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Châssis fonctionnel et performances respectables : Contrairement à de nombreuses voitures de salon, la BAT 7 n’était pas qu’une sculpture statique. Elle utilisait le moteur 4 cylindres en ligne de la 1900 et une mécanique appropriée. Selon les archives, elle pouvait atteindre une vitesse maximale estimée à environ 200 km/h, un exploit notable compte tenu de sa cylindrée modeste et de l’époque de sa production.
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Construction unique : Un seul exemplaire de la BAT 7 a jamais été construit. Ce fait la rendait exceptionnelle et distinctive, un exemple singulier de ce que le design automobile pouvait accomplir lorsqu’il était libéré des contraintes de la production de masse.

La BAT 7 n’était pas seulement une prouesse esthétique ; elle incarnait l’idée centrale de la série BAT : que la forme doit suivre le flux d’air, pas seulement la mode.
Une vie mouvementée : propriété, modifications et malchance
Bien que la BAT 7 ait fait sensation au Salon de Turin, sa vie après le salon fut bien moins glorieuse. Après sa vente, la voiture fut expédiée aux États-Unis, où ses premiers propriétaires firent des modifications qui compromirent la vision originale du design. Al Williams, l’un des premiers propriétaires, a retiré les ailerons arrière distinctifs pour améliorer la visibilité sur la route.

Dans les années 1960, la voiture a subi une restauration controversée : un atelier dirigé par un spécialiste des voitures italiennes, Salvatore di Natale, accepta la mission du propriétaire de l’époque, le colonel James Sorrell. Une fois les travaux terminés, Sorrell ne paya pas et ne récupéra jamais le véhicule, si bien que di Natale revendiqua légalement la propriété en 1969. Il conserva la voiture pendant près de deux décennies. Selon certaines sources, la voiture fut ensuite vendue, prétendument par le propre fils de di Natale, sans son consentement.

Cet épisode tumultueux, fait de confiance perdue et de gestion défaillante, résume l’ironie centrale autour de la BAT 7 : une voiture née pour être admirée est rapidement devenue négligée, survivant à peine à des décennies de décisions malheureuses, de modifications et de mains incertaines.
Renaissance et résurrection : de l’oubli en entrepôt à la vitrine des collectionneurs
Malgré son histoire précaire, la BAT 7 a finalement trouvé des défenseurs pour sa préservation. Dans les années 1980, elle refit surface, fut restaurée (avec la réinstallation de plusieurs éléments d’origine) et retrouva ses sœurs BAT. En 1989, les trois voitures BAT, BAT 5, BAT 7 et BAT 9, firent leur première apparition publique d’après-guerre ensemble au prestigieux Concours d’Élégance de Pebble Beach. Cette réunion éleva le trio d’objets oubliés à des icônes dignes d’un musée.

Les ventes aux enchères ultérieures ont vraiment montré la valeur de ces pièces : en 2020, le trio a été vendu ensemble par RM Sotheby’s pour environ 14,8 millions de dollars US, prouvant qu’elles conservent une grande valeur. Aujourd’hui, la BAT 7 et ses compagnes sont bien plus qu’un simple retour aux expériences des années 1950. Elles rappellent une époque où le design automobile prenait de grands risques, trébuchait parfois, faillit disparaître... puis renaquit en légende.
Pourquoi la BAT 7 compte : design, héritage et fragilité des voitures conceptuelles
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Une étape majeure dans le design aérodynamique : La BAT 7 montre ce qui peut être accompli lorsque le design privilégie le flux d’air plutôt que la convention. Son Cd de 0,19 reste une référence en efficacité aérodynamique, même des décennies plus tard, un exploit rare pour un concept artisanal des années 1950.
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Voiture concept devenue icône patrimoniale : Bien qu’elle n’ait jamais été destinée à la production de masse, la BAT 7 a prouvé qu’une « voiture de rêve » peut survivre à sa vie en salle d’exposition, évoluant en un artefact culturel et historique qui influence notre manière de valoriser le design automobile comme art.
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Un avertissement sur la préservation : L’histoire mouvementée de la propriété de la voiture souligne la fragilité du patrimoine du design. Les créations uniques comme la BAT 7 sont vulnérables à la négligence, aux modifications ou à la perte, à moins que quelqu’un ne reconnaisse leur valeur et s’engage à les préserver.
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Un héritage au-delà d’elle-même : Les éléments pionniers de la série BAT, profils profilés, aérodynamique intégrée et gestion du flux d’air par ailerons ont contribué à influencer les voitures de production ultérieures, inscrivant un héritage d’audace design et de curiosité technique.
Conclusion : la place de la BAT 7 dans l’histoire automobile
L’histoire de l’Alfa Romeo BAT 7 est une histoire d’ambition, de hauts et de bas, de résilience et de marque laissée. Partie d’une idée folle dans les années 1950, oubliée dans un entrepôt, puis devenue un chef-d’œuvre restauré, la BAT 7 illustre vraiment le génie et la fragilité du design audacieux. Sa survie, sa réunion et sa célébration nous montrent que parfois, ce qui commence comme une idée folle peut totalement changer notre regard sur l’automobile pour toujours.
